Traduire un graphique ou une infographie en image sans fausser les chiffres
Il existe deux façons de traduire un graphique : le reconstruire à partir de ses données dans la langue cible, ou traduire l’image dont vous disposez. Si le graphique existe encore dans Excel, Google Sheets ou PowerPoint, le reconstruire est plus propre. Si vous n’avez qu’un PNG tiré d’un rapport, une capture d’écran de tableau de bord ou une infographie marketing, un traducteur d’images remplace sur place le titre, les libellés des axes, la légende et les notes. Dans les deux cas, les chiffres comptent davantage que les mots.
En bref
- Vous avez les données ou le fichier source ? Traduisez les libellés dans ce fichier et régénérez le graphique.
- Vous n’avez que l’image ? Importez-la, choisissez le mode Documentation technique ou Marketing, et récupérez une nouvelle image du graphique avec le texte traduit.
- Vérifiez chaque valeur, chaque séparateur décimal, chaque unité et chaque libellé par rapport à l’original : les formats de nombres diffèrent d’une langue à l’autre, et une image générée peut modifier un chiffre.
Reconstruire le graphique ou traduire l’image ?
| Ce que vous avez | Meilleure méthode | Pourquoi |
|---|---|---|
| Fichier Excel, Google Sheets ou Numbers | Traduire les libellés dans la feuille, puis régénérer le graphique | Les valeurs restent liées aux données et le texte reste modifiable |
| Graphique natif dans PowerPoint ou Google Slides | Le traduire dans la présentation | Voir comment traduire un PowerPoint et comment traduire Google Slides |
| Graphique collé comme image dans une présentation ou un document | Traduire l’image | La traduction de documents de Google Traduction laisse le texte des images non traduit (Aide Google Traduction, en anglais) |
| PNG ou JPG dans un rapport, un PDF ou une page web | Traduire l’image | Il n’y a aucune source à modifier |
| Tableau de bord que vous ne pouvez pas modifier | En faire une capture d’écran, puis la traduire | Voir le traducteur de captures d’écran |
Les formats de nombres changent d’une langue à l’autre
Une même valeur ne s’écrit pas de la même façon selon la langue. Ces conventions proviennent des données de paramètres régionaux Unicode CLDR, utilisées par la plupart des logiciels (symboles numériques CLDR) :
| Langue | Séparateur décimal | Séparateur des milliers | 12345.6 s’écrit |
|---|---|---|---|
| Anglais | point | virgule | 12,345.6 |
| Français | virgule | espace | 12 345,6 |
| Allemand | virgule | point | 12.345,6 |
| Espagnol (Espagne) | virgule | point | 12.345,6 |
| Portugais (Brésil) | virgule | point | 12.345,6 |
| Japonais | point | virgule | 12,345.6 |
Deux autres différences apparaissent dans les graphiques. Le français, l’allemand et l’espagnol d’Espagne mettent un espace avant le signe pour cent (50 %) et placent le symbole monétaire après le montant, alors que l’anglais écrit 50% et place le symbole monétaire en premier (modèles CLDR). L’espagnol tel qu’il s’écrit au Mexique et aux États-Unis suit au contraire les conventions anglaises (12,345.6, 50%, symbole monétaire en premier) : vérifiez donc à quel marché le graphique est destiné. Les mots qui désignent les grands nombres sont aussi un piège : en français, « un billion » vaut un million de millions, donc un billion anglais se dit « un milliard » (Larousse). Un axe intitulé « Revenue (billions) » doit devenir « Chiffre d’affaires (milliards) » en français, et non « (billions) ».
Ce que montre notre exemple
L’infographie de fiche technique ci-dessous fait partie de nos images de démonstration ; elle est suivie de la version française que notre traducteur d’images en a générée.


Voici comment les chiffres sont ressortis dans les versions française, japonaise et portugaise :
| Original | Français | Japonais | Portugais |
|---|---|---|---|
| 2x 26.000 LB | 2 x 26 000 LB | 2基 26,000 lbf | 2x 26.000 LB |
| 77,000 KG (169,755 LB) | 77,000 KG (169 755 LB) | 77,000 kg (169,755 lb) | 77.000 KG (169.755 LB) |
| 3.400 NM (6.300 KM) | 3 400 NM (6 300 KM) | 3,400 NM (6,300 km) | 3.400 NM (6.300 KM) |
| MACH 0.82 | MACH 0,82 | マッハ 0.82 | MACH 0,82 |
Ce qui a fonctionné : les séparateurs des milliers ont été adaptés à chaque langue presque partout (espace en français, virgule en japonais, point en portugais), alors que l’original mélangeait « 26.000 » et « 77,000 », et le nombre de Mach a reçu une virgule décimale en français et en portugais. Les unités (LB, KG, NM, FT, GAL) ont été conservées plutôt que converties, et c’est ce qu’il faut : convertir des unités est une décision éditoriale, pas une traduction. La version japonaise les a tout de même restylées : kg, lb, km, ft et gal en minuscules, et « lbf » (livre-force) pour la poussée.
Ce qu’un relecteur corrigerait : en français, « 77,000 KG » a gardé sa virgule, juste à côté de « 169 755 LB ». Un lecteur français prend cette virgule pour un séparateur décimal et lit donc une masse de 77 kg. Une règle appliquée à la plupart des nombres d’une page ne l’est pas forcément à tous : chaque valeur doit faire l’objet de la même vérification, y compris celles qui se trouvent près des bords de l’image.
Comment traduire l’image d’un graphique
- Exportez le graphique à la plus haute résolution possible. Recadrez-le avec son titre, sa légende et sa ligne de source. JPG, PNG ou WebP, jusqu’à 10 Mo.
- Importez-le dans le traducteur d’images, choisissez la langue source (ou « Détection automatique ») et la langue cible.
- Choisissez le mode dans le menu « Type d’activité ». « Documentation technique » pour les graphiques de rapports et les tableaux de bord : ce mode demande au modèle de conserver la hiérarchie de l’information et de traduire correctement les mesures. « Marketing » pour les infographies promotionnelles ; le traducteur d’images publicitaires couvre ce volet. Le menu s’affiche sur les grands écrans ; sur un écran plus petit, les utilisateurs connectés peuvent enregistrer un type d’activité par défaut dans leur profil (Default Business Type).
- Indiquez le format des nombres, à partir de l’offre Pro. Dans les instructions IA personnalisées (« Ajouter des instructions pour l’IA »), écrivez par exemple « Utiliser le format numérique français : espace pour les milliers, virgule pour les décimales. Ne modifier aucune valeur. »
- Téléchargez et relisez le résultat à l’aide des vérifications ci-dessous.
Vérifications propres aux graphiques
- Étiquettes de données et valeurs des axes : chaque valeur est identique à l’original, avec le même nombre de décimales.
- Titres des axes et unités : l’unité est toujours présente, et les abréviations des milliers, millions et milliards désignent le même ordre de grandeur.
- Dates : les mois abrégés sur l’axe sont traduits (dans les données CLDR, Jan devient janv. en français et ene en espagnol), et les dates numériques ne sont pas ambiguës (03/04 correspond au 4 mars aux États-Unis et au 3 avril dans la plupart des pays d’Europe).
- Légende : chaque nom de série est traduit et correspond toujours à sa couleur. Si la légende d’origine était classée par ordre alphabétique et que la traduction conserve l’ordre d’origine, elle peut ne plus l’être.
- Notes de bas de page et lignes de source : les petits caractères en bas de l’image sont eux aussi traduits et restent lisibles.
- Annotations : chaque libellé pointe toujours vers la bonne barre, la bonne courbe ou la bonne part.
Infographies : beaucoup de texte dans des cadres fixes
Les infographies associent de nombreux libellés courts à des paragraphes placés dans des cadres fixes, et ce sont les libellés courts qui s’allongent le plus à la traduction : des recommandations d’IBM citées par le W3C indiquent une expansion moyenne de 200 à 300 % pour les chaînes anglaises de 10 caractères au plus traduites vers des langues européennes (W3C). Le texte, plus long, doit tenir dans les mêmes cadres : vérifiez qu’il reste lisible dans les versions française, espagnole ou allemande. Si une infographie est très dense, traduisez-la par sections (recadrez chaque panneau), vérifiez chacune d’elles, puis réassemblez les panneaux dans votre éditeur.
Langues qui s’écrivent de droite à gauche
L’arabe et l’hébreu ne sont pas proposés dans l’outil d’import principal, mais des pages de langue comme traduire des images en arabe les prennent en charge. Le traducteur a pour consigne de conserver la mise en page d’origine, et rien dans ses instructions ne lui demande d’inverser un graphique en miroir pour les lecteurs de droite à gauche. Inverser ou non un graphique pour ces lecteurs est une décision éditoriale ; s’il faut le faire, reconstruisez le graphique à partir des données. Dans l’autre sens, d’un graphique en arabe vers le français, d’autres vérifications s’imposent (chiffres arabes orientaux, dates de l’hégire) : voir le traducteur d’images arabe.
Les graphiques ne sont pas des schémas : les libellés des dessins techniques, des schémas de principe et des logigrammes relèvent du traducteur de schémas.
Traduire l’image d’un graphique
Importez un graphique ou une infographie, choisissez le mode Documentation technique et comparez chaque valeur avec l’original avant de le publier.
Questions fréquentes
Comment traduire un graphique ?
Si vous avez les données ou le fichier source (Excel, Google Sheets, PowerPoint), traduisez les libellés dans ce fichier et régénérez le graphique. Si vous n’avez qu’une image, importez-la dans un traducteur d’images, choisissez la langue cible et comparez chaque valeur, libellé et unité avec l’original.
Google Traduction peut-il traduire un graphique ?
L’onglet « Images » du site Google Traduction peut lire le texte d’une image de graphique et permet d’en télécharger une version traduite ; Google précise qu’un texte petit, peu clair ou stylisé peut réduire la précision. Lorsque vous traduisez un document entier, le centre d’aide de Google indique que le texte contenu dans les images n’est pas traduit : les graphiques collés en image dans un fichier .docx, .pptx ou PDF restent dans la langue d’origine.
Les chiffres de mon graphique vont-ils changer ?
Les valeurs doivent rester les mêmes, mais l’image est régénérée : un chiffre peut être mal lu ou modifié. Les séparateurs des milliers et des décimales peuvent aussi être adaptés à la langue cible. Comparez chaque valeur avec l’original avant de publier le graphique.
Faut-il convertir les séparateurs décimaux en traduisant un graphique ?
Pour des lecteurs de la langue cible, en général oui : le français, l’allemand et le portugais utilisent la virgule décimale, tout comme l’espagnol d’Espagne (l’espagnol du Mexique et des États-Unis utilise le point). L’essentiel est la cohérence au sein du graphique. À partir de l’offre Pro, vous pouvez indiquer le format souhaité dans les instructions IA personnalisées, puis vérifier chaque nombre.