Texte dans les images et accessibilité : la check-list des images traduites
Une bannière « Soldes d’été », une photo produit avec des annotations, une infographie, une capture d’écran de votre application : chacune est une image qui contient des mots. Quand vous localisez une campagne en quatre langues, vous en publiez quatre, et chacune doit fonctionner pour les personnes qui utilisent un lecteur d’écran, qui zooment ou qui ont besoin d’un contraste marqué. Cette check-list présente les règles qui s’appliquent au texte sous forme d’image, ce que l’acte européen sur l’accessibilité a changé pour les boutiques en ligne, et ce qu’il faut vérifier à chaque traduction d’image.
En bref
- Le vrai texte d’abord. Le critère de succès 1.4.5 des WCAG (niveau AA) demande du vrai texte plutôt que du texte sous forme d’image quand la technologie permet de l’afficher. Les logos en sont exemptés.
- Les mêmes mots dans le texte alternatif. Quand le texte doit rester dans l’image, son alternative textuelle reprend le même texte, dans la langue de l’image.
- Le contraste dans chaque version. Au moins 4,5:1 pour le texte normal et 3:1 pour le grand texte, à vérifier de nouveau une fois le texte traduit intégré à l’image.
- La loi. Depuis le 28 juin 2025, l’acte européen sur l’accessibilité couvre les services de commerce électronique fournis aux consommateurs. Les microentreprises qui fournissent des services en sont exemptées.
Ceci n’est pas un avis juridique
Cette check-list résume des textes publics du W3C, de l’Union européenne et de l’administration française au 6 octobre 2026. Ce n’est pas un avis juridique : pour une décision de mise en conformité, adressez-vous à un auditeur en accessibilité ou à un avocat.
Ce qui compte comme texte sous forme d’image
Les WCAG traitent une image différemment selon le rôle qu’y joue le texte :
| Image | Exemples | Ce qui s’applique |
|---|---|---|
| Le texte est le contenu principal | Titre de bannière, badge promotionnel, citation illustrée, visuel d’offre | Préférer le vrai texte (1.4.5), alternative textuelle avec le même texte (1.1.1), contraste (1.4.3) |
| Logo ou nom de marque | Logo dans un en-tête ou sur une bannière | Exempté du 1.4.5 et de l’exigence de contraste ; a quand même besoin d’une alternative textuelle |
| Texte dans une image qui contient d’autres éléments visuels importants | Photo produit montrant l’emballage, capture d’écran, graphique, schéma | Hors du 1.4.5 et du 1.4.3, mais une alternative textuelle doit quand même transmettre le texte utile |
| Purement décorative | Texture de fond, lettrage ornemental sans information | Texte alternatif vide (alt="") |
La plupart des images que traduisent les équipes marketing et e-commerce relèvent de la première ligne (bannières, visuels pour les réseaux sociaux, visuels d’offre) ou de la troisième (photos produits et infographies).
Les critères WCAG qui s’appliquent
Les WCAG 2.2 sont la recommandation actuelle du W3C ; les numéros de critères ci-dessous sont les mêmes dans les WCAG 2.1.
- 1.4.5 Texte sous forme d’image (niveau AA). Si la technologie utilisée permet d’obtenir la présentation visuelle voulue, utilisez du texte plutôt qu’une image de texte. Deux exceptions : l’image peut être personnalisée visuellement selon les besoins de l’utilisateur, ou une présentation particulière du texte est essentielle à l’information. Les logos sont considérés comme essentiels.
- 1.4.9 Texte sous forme d’image (sans exception) (niveau AAA). Le texte sous forme d’image ne sert qu’à la décoration pure ou quand une présentation particulière est essentielle. La norme européenne EN 301 549 vise les niveaux A et AA, pas AAA, mais ce critère indique la direction : du vrai texte par défaut.
- 1.1.1 Contenu non textuel (niveau A). Tout contenu non textuel a une alternative textuelle qui remplit la même fonction, sauf quelques exceptions listées comme la décoration. Pour le texte sous forme d’image, le tutoriel du W3C sur les images est explicite : l’alternative textuelle reprend le même texte que l’image.
- 1.4.3 Contraste (minimum) (niveau AA). Le texte et le texte sous forme d’image ont un rapport de contraste d’au moins 4,5:1, ou 3:1 pour le texte en grands caractères. Le texte incident d’une image qui contient d’autres éléments visuels importants et les logos n’ont pas d’exigence de contraste : la règle vise donc le texte incrusté dans les bannières.
- Critères voisins. Le redimensionnement du texte (1.4.4) exclut le texte sous forme d’image : les mots d’une image n’ont pas à grandir quand l’utilisateur agrandit le texte, raison de plus pour garder les informations clés en vrai texte. La langue d’un passage (3.1.2) demande d’indiquer le texte rédigé dans une autre langue que la page.
Pourquoi la traduction complique les choses
Traduire une image de texte multiplie le travail : une bannière source devient une image par langue, et chaque copie peut échouer à sa façon.
- Le texte alternatif reste dans la langue d’origine. Une bannière en français avec un texte alternatif en anglais dit aux utilisateurs de lecteurs d’écran autre chose que ce que voient les autres, et le lecteur d’écran risque de le lire avec la mauvaise prononciation.
- Le texte alternatif décrit au lieu de reprendre. « Bannière promotionnelle » n’est pas une alternative textuelle pour une bannière qui annonce une remise, une date de fin et un code. Le texte alternatif doit dire ce que dit la bannière.
- La traduction est plus longue. L’allemand et le français prennent souvent plus de place que l’anglais. Un texte réduit pour tenir peut perdre la tolérance accordée au grand texte et exiger alors 4,5:1, et un texte déplacé peut tomber sur une zone plus chargée du fond.
- Les informations clés deviennent des pixels. Un prix, une date limite ou une mention légale dans une image ne peut être ni agrandi, ni copié, ni trouvé par une recherche, et il ne suit pas votre devise ni vos conditions quand elles changent.
La check-list
- Utilisez du vrai texte quand c’est possible. Pour les bannières, les images d’en-tête et les visuels d’offre, placez le titre, l’offre et le libellé du bouton en texte HTML par-dessus une image de fond. Ce texte est traduit avec le reste de la page, s’agrandit et n’oblige à régénérer aucune image. Les logos restent tels quels.
- Quand le texte reste dans l’image, reprenez-le dans le texte alternatif. Les photos produits annotées et les visuels pour les réseaux sociaux doivent souvent garder leur texte. Leur alternative textuelle reprend les mêmes mots. Pour un texte long, comme une infographie, ajoutez une version texte complète à côté de l’image ou un lien vers celle-ci.
- Traduisez le texte alternatif avec l’image. Chaque image traduite reçoit un texte alternatif dans sa propre langue. Vérifiez que votre CMS enregistre le texte alternatif par langue et qu’un champ non traduit ne se rabat pas sur la langue d’origine sans que personne ne s’en aperçoive.
- Indiquez la langue quand elle diffère. Si une page dans une langue affiche une image dans une autre, par exemple une capture d’écran en anglais dans un article d’aide en français, marquez le texte alternatif ou la version texte avec le bon attribut
lang. - Vérifiez le contraste de chaque version traduite. Mesurez la couleur du texte par rapport au fond qui se trouve derrière : 4,5:1 pour le texte normal, 3:1 pour le grand texte. Faites-le après la traduction, car la taille de police, les retours à la ligne et la zone de fond peuvent changer.
- Donnez un alt vide aux images décoratives. Utilisez
alt=""pour la décoration, et ne répétez pas dans le texte alternatif ce que la page dit déjà en vrai texte juste à côté de l’image. - N’oubliez pas les images qui contiennent autre chose. Les photos produits, les captures d’écran et les graphiques sont hors du critère sur le texte sous forme d’image, mais ils ont quand même besoin d’une alternative textuelle qui transmet le texte utile, comme les chiffres clés d’un graphique.
- Gardez les informations critiques hors des images. Prix, offres, tailles et mentions légales sont plus sûrs en vrai texte : lisibles à tout niveau de zoom, faciles à mettre à jour et traduits avec la page.
- Ne touchez pas aux logos. Un logo est exempté des règles sur le texte sous forme d’image et sur le contraste. Son texte alternatif est le nom de la marque, qui reste en général le même dans toutes les langues.
- Relisez l’image et le texte alternatif ensemble. Une personne qui lit la langue cible vérifie côte à côte l’image traduite, son texte alternatif et l’éventuelle version texte avant la mise en ligne de la langue.
L’acte européen sur l’accessibilité : qui doit s’y conformer
L’acte européen sur l’accessibilité (European Accessibility Act), la directive (UE) 2019/882, s’applique dans les États membres depuis le 28 juin 2025. Pour les entreprises en ligne, les points clés sont les suivants :
- Services aux consommateurs. Il couvre les services fournis aux consommateurs, dont les services de commerce électronique, les services bancaires aux consommateurs, les livres numériques, les communications électroniques et certains éléments des services de transport de voyageurs comme les sites web, les applications et les billets électroniques. La directive définit le commerce électronique comme des services fournis à distance par des sites web et des services mobiles, à la demande d’un consommateur, en vue de conclure un contrat de consommation. Les services vendus uniquement aux entreprises sont hors de son champ.
- Ce qu’il exige. Les exigences applicables aux services comprennent une présentation alternative des contenus non textuels, un contraste suffisant, et des sites et applications perceptibles, utilisables, compréhensibles et robustes : les quatre principes des WCAG.
- Microentreprises. Les microentreprises qui fournissent des services en sont exemptées. La directive les définit comme comptant moins de 10 personnes, avec un chiffre d’affaires annuel ou un total de bilan annuel qui ne dépasse pas 2 millions d’euros.
- Charge disproportionnée. Une entreprise qui invoque une modification fondamentale ou une charge disproportionnée doit documenter son évaluation.
- Pas de délai de grâce pour les sites. La directive permet aux services de continuer à utiliser les produits qu’ils utilisaient déjà avant le 28 juin 2025, jusqu’au 28 juin 2030. La DGCCRF, l’autorité française de protection des consommateurs, indique qu’un site ou une application n’est pas un « produit » : une boutique en ligne existante ne peut donc pas s’appuyer sur cette transition.
Si votre entreprise ne vend qu’à des professionnels, comme souvent les agences et les éditeurs de logiciels, l’obligation pèse sur les services de vos clients destinés aux consommateurs. Les images que vous livrez finissent sur leurs sites : les aider à se conformer, c’est livrer des images qui peuvent être publiées de façon accessible, avec du vrai texte quand c’est possible et un texte alternatif pour chaque langue.
EN 301 549 : la norme technique
En Europe, le « niveau AA des WCAG » arrive généralement aux entreprises par la norme EN 301 549, la norme harmonisée sur l’accessibilité des produits et services TIC.
- La nouvelle version. La norme EN 301 549 V4.1.1 (2026-09) a été préparée pour l’acte européen sur l’accessibilité. Ses clauses sur le web, les documents et les logiciels sont alignées sur les niveaux A et AA des WCAG 2.2, et une nouvelle annexe les met en correspondance avec les exigences de la directive.
- Texte sous forme d’image. La clause 9.1.4.5 couvre le web, la 10.1.4.5 les documents hors web et la 11.1.4.5 les logiciels. Le contenu non textuel correspond à la clause 9.1.1.1 pour le web.
- Présomption de conformité. Selon la directive, une norme harmonisée donne une présomption de conformité une fois sa référence publiée au Journal officiel de l’UE. Début octobre 2026, nous n’avons pas pu confirmer que la V4.1.1 a été citée au titre de l’acte européen sur l’accessibilité : elle ne donne donc pas encore cette présomption. Consultez la liste des normes citées par la Commission avant de vous y fier.
- La version précédente. La norme EN 301 549 V3.2.1 (2021) est la version citée au titre de la directive sur l’accessibilité des sites web, qui couvre les sites du secteur public.
France : qui contrôle et ce que cela coûte
La France a transposé la directive dans le Code de la consommation (article L.412-13, créé par la loi 2023-171), complété par le décret 2023-931 et un arrêté, tous deux du 9 octobre 2023. L’arrêté fixe les exigences, et les règles s’appliquent depuis le 28 juin 2025.
- Qui contrôle. La DGCCRF contrôle l’accessibilité des services, dont le commerce électronique, en coordination avec d’autres régulateurs : l’Arcom, l’ARCEP, la Banque de France, l’ACPR et l’AMF. Elle indique que ses contrôles ont commencé le 28 juin 2025, notamment à la suite de signalements sur SignalConso, sa plateforme de réclamations des consommateurs.
- Amendes. La DGCCRF mentionne des amendes de 7 500 euros pour les contraventions de cinquième classe, cumulables selon le nombre d’infractions constatées. Elle peut aussi prononcer des injonctions assorties d’astreintes et rendre la sanction publique.
- Microentreprises. Selon la DGCCRF, aucune obligation en matière d’accessibilité ne s’impose aux prestataires de services qui sont des microentreprises.
- Informations de conformité. Les prestataires de services doivent publier des informations sur la façon dont ils se conforment. La DGCCRF cite en exemple les rapports d’audit RGAA. Le RGAA est le référentiel français d’accessibilité, aujourd’hui fondé sur le niveau AA des WCAG 2.1 ; vérifiez sur le site officiel la version en vigueur avant un audit.
- Grandes entreprises. Les entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse 250 millions d’euros relèvent aussi de l’article 47 de la loi 2005-102 sur les droits des personnes handicapées, que l’Arcom fait appliquer avec ses propres sanctions.
La place de TranslateMyImage
Certaines images doivent garder leur texte : une photo produit annotée, un visuel pour les réseaux sociaux, une infographie. Pour celles-ci, TranslateMyImage vous aide à produire la version localisée. Importez l’image dans le traducteur d’images, choisissez la langue et vérifiez le résultat. Pour un catalogue, les offres à partir de Pro incluent la traduction par lot et l’API de traduction d’images, qui produisent plusieurs langues en une seule exécution.
Le résultat est une image, et un outil ne rend pas une image accessible à lui seul. Chaque image traduite a encore besoin :
- d’un texte alternatif dans la même langue, qui reprend le même texte que l’image ;
- d’une vérification du contraste entre le texte traduit et son fond ;
- d’une relecture par une personne qui lit la langue.
Et si une bannière peut être refaite en vrai texte, traduisez le texte plutôt que l’image. Pour les étapes propres à chaque plateforme, consultez comment traduire des images sur Shopify et comment localiser les images de vos e-mails.
Sources
- W3C (en anglais), Comprendre le critère 1.4.5 Texte sous forme d’image
- W3C (en anglais), Comprendre le critère 1.4.9 Texte sous forme d’image (sans exception)
- W3C (en anglais), Comprendre le critère 1.1.1 Contenu non textuel
- W3C (en anglais), Comprendre le critère 1.4.3 Contraste (minimum)
- W3C WAI (en anglais), tutoriel sur les images : le texte sous forme d’image
- W3C (en anglais), Règles pour l’accessibilité des contenus web (WCAG) 2.2
- EUR-Lex (version anglaise), directive (UE) 2019/882, l’acte européen sur l’accessibilité
- ETSI (en anglais), EN 301 549 V4.1.1
- DGCCRF, vos produits et services doivent être conformes à la directive accessibilité
- Légifrance, loi 2023-171, article 16, décret 2023-931 et arrêté du 9 octobre 2023
- DINUM, accessibilite.numerique.gouv.fr, le site de référence du RGAA
Traduisez une image qui doit garder son texte
Importez une photo produit, une bannière ou une infographie, choisissez une langue, puis ajoutez un texte alternatif dans cette langue avant de la publier.
Questions fréquentes
Les WCAG autorisent-elles le texte sous forme d’image ?
Au niveau AA, le critère de succès 1.4.5 demande d’utiliser du vrai texte plutôt que du texte sous forme d’image quand la technologie permet de l’afficher. Le texte sous forme d’image reste admis quand l’utilisateur peut le personnaliser ou quand sa présentation est essentielle, et les logos sont considérés comme essentiels. Chaque image de texte a aussi besoin d’une alternative textuelle qui reprend le même texte.
Une image traduite a-t-elle besoin d’un texte alternatif traduit ?
Oui. L’alternative textuelle doit reprendre le texte de l’image : une bannière en allemand appelle un texte alternatif en allemand. Si le texte alternatif reste dans la langue d’origine, les utilisateurs de lecteurs d’écran reçoivent un autre message que tout le monde.
L’acte européen sur l’accessibilité s’applique-t-il à ma boutique en ligne ?
Il couvre les services de commerce électronique fournis aux consommateurs depuis le 28 juin 2025. Les microentreprises qui fournissent des services (moins de 10 personnes et un chiffre d’affaires annuel ou un total de bilan de 2 millions d’euros au plus) en sont exemptées. Les services vendus uniquement aux entreprises sont hors de son champ.
Un outil de traduction d’images rend-il mes images accessibles ?
Aucun outil n’y parvient seul. Un outil peut produire l’image traduite ; l’accessibilité dépend de la façon dont vous la publiez : du vrai texte quand c’est possible, un texte alternatif dans la bonne langue et un contraste suffisant dans chaque version.
À propos de l’auteur
Expert en traduction d’images et en outils de localisation assistés par IA. Fondateur de TranslateMyImage, il aide les entreprises à se développer à l’international grâce à la traduction automatisée d’images.
Voir le profil de l’auteurArticles associés

Carte de visite japonaise : comment créer un meishi bilingue
Ce qu'il faut mettre sur la face japonaise d'une carte de visite, ce qu'un locuteur natif doit vérifier, les formats de carte standards, et comment transformer votre design anglais en version japonaise.

Comment localiser les images d'e-mails pour améliorer vos taux de conversion
Ne laissez plus les barrières linguistiques vous faire perdre des ventes. Apprenez à localiser les images de vos e-mails, à traduire le texte intégré et à adapter vos visuels pour booster l'engagement et le ROI à l'échelle mondiale.

Traduire un flyer en espagnol sans refaire la mise en page
Besoin d'une version espagnole d'un flyer pour une école, une clinique, une église ou une entreprise ? Choisissez la bonne méthode, gardez le design et vérifiez le vouvoiement (usted), les dates et les accents.